L’entretien professionnel a changé de nom et de rythme. La loi du 24 octobre 2025 l’a remplacé par l’entretien de parcours professionnel. Il a lieu moins souvent, mais il couvre davantage de sujets. Et depuis le 1er octobre 2026, les accords d’entreprise et de branche doivent eux aussi respecter le nouveau cadre.
Pour une PME sans service RH, ce sont souvent les managers qui mènent ces entretiens. Voici ce qu’ils doivent savoir.
À retenir
- Un premier entretien dans l’année qui suit l’embauche, puis tous les 4 ans (au lieu de 2).
- Un état des lieux récapitulatif tous les 8 ans (au lieu de 6).
- Deux rendez-vous s’ajoutent : après la visite médicale de mi-carrière et dans les 2 ans qui précèdent les 60 ans du salarié.
- L’entretien porte sur le parcours, les compétences et les souhaits d’évolution. Il reste distinct de l’entretien annuel d’évaluation.
- Dans les entreprises de 50 salariés et plus, l’absence d’entretiens et de formation sur 8 ans coûte 3 000 € par salarié.
Ce qui change en un coup d’œil
| Avant la réforme | Depuis la réforme | |
|---|---|---|
| Nom | Entretien professionnel | Entretien de parcours professionnel |
| Premier entretien | 2 ans après l’embauche | Dans l’année qui suit l’embauche |
| Rythme | Tous les 2 ans | Tous les 4 ans |
| État des lieux | Tous les 6 ans | Tous les 8 ans |
| Rendez-vous supplémentaires | Retours de certaines absences | Retours d’absence, mi-carrière, avant 60 ans |
Les accords collectifs peuvent prévoir un rythme plus fréquent, sans dépasser 4 ans entre deux entretiens.
Qui est concerné ?
Toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, et tous les salariés. L’obligation s’applique dès le premier salarié. Seule la sanction financière est réservée aux entreprises de 50 salariés et plus.
L’entretien est mené par un supérieur hiérarchique ou un représentant de la direction, pendant le temps de travail. Dans une PME, c’est donc le plus souvent le manager direct.
Quand organiser l’entretien ?
Le cycle normal :
- dans l’année qui suit l’embauche ;
- puis tous les 4 ans.
Les rendez-vous fixés par la loi :
- dans les 2 mois qui suivent la visite médicale de mi-carrière ;
- dans les 2 ans qui précèdent le 60e anniversaire du salarié.
Au retour de certaines absences, si aucun entretien n’a eu lieu dans les 12 mois précédents : congé de maternité, congé parental, congé d’adoption, congé sabbatique, arrêt maladie de longue durée, congé de proche aidant, mobilité volontaire sécurisée, ou à l’issue d’un mandat syndical.
Et pour les salariés déjà en poste ?
La réforme ne remet pas les compteurs à zéro. Le nouveau délai de 4 ans court à partir du dernier entretien effectivement réalisé. Un salarié vu en entretien professionnel en 2025 aura son prochain entretien de parcours en 2029.
Que doit contenir l’entretien ?
L’entretien porte sur :
- les compétences et les qualifications du salarié, et leur évolution ;
- son parcours au regard des transformations de son poste et de l’entreprise ;
- ses besoins de formation ;
- ses souhaits d’évolution professionnelle, y compris une reconversion, un bilan de compétences ou une VAE ;
- l’utilisation de son compte personnel de formation (CPF) et les financements possibles.
Il ne porte pas sur l’évaluation du travail du salarié. C’est la différence essentielle avec l’entretien annuel.
L’entretien donne lieu à un document écrit, dont le salarié reçoit une copie. Ce document est la preuve que l’entretien a eu lieu : c’est lui qui compte lors de l’état des lieux.
L’état des lieux tous les 8 ans
Tous les 8 ans, l’entretien de parcours fait le bilan de la période. Il vérifie que le salarié a bien eu ses entretiens et regarde s’il a :
- suivi au moins une formation non obligatoire ;
- acquis des éléments de certification, par la formation ou par une VAE ;
- bénéficié d’une progression salariale ou professionnelle.
Le premier état des lieux peut avoir lieu 7 ans après le premier entretien qui suit l’embauche. Un état des lieux prévu en 2026 sous l’ancien régime glisse à 2028.
Quel risque pour l’entreprise ?
Dans les entreprises de 50 salariés et plus, l’employeur doit verser un abondement de 3 000 € sur le CPF du salarié si, sur la période de 8 ans, deux conditions sont réunies :
- le salarié n’a pas eu les entretiens prévus ;
- il n’a suivi aucune formation autre qu’obligatoire.
Les deux conditions sont cumulatives : la Cour de cassation l’a rappelé en janvier 2026. Des entretiens tenus et tracés suffisent donc à écarter le risque, même sans formation.
Au-delà de l’argent, l’entretien de parcours est souvent le seul moment où un salarié de terrain parle de son avenir dans l’entreprise. Le manquer, c’est rater l’occasion de retenir quelqu’un qui pensait à partir.
Entretien annuel et entretien de parcours : deux rendez-vous distincts
L’entretien annuel évalue le travail de l’année et fixe les objectifs. L’entretien de parcours regarde plus loin : les compétences, la formation, l’évolution.
Beaucoup d’entreprises les organisent le même jour, l’un après l’autre. C’est possible, à condition de bien les distinguer, avec deux temps d’échange et deux documents séparés.
Comment le préparer quand on est manager
- Vérifier les dates. Date d’embauche, dernier entretien réalisé, retours d’absence, âge du salarié. C’est ce qui fixe l’échéance.
- Relire l’historique. Le compte rendu du dernier entretien, les formations suivies depuis, les souhaits exprimés à l’époque.
- Prévenir le salarié à l’avance. Lui laisser le temps de réfléchir à ses envies et à ses besoins de formation.
- Mener l’échange sur le parcours, pas sur la performance. Les questions d’objectifs ont leur place à l’entretien annuel.
- Rédiger le compte rendu et le remettre. Puis noter ce qui a été décidé, pour le suivre jusqu’au prochain rendez-vous.
Dans les entreprises de moins de 300 salariés, le salarié peut aussi se faire accompagner par un conseiller en évolution professionnelle pour préparer l’entretien.
Ce que fait Pulse
Pulse calcule les échéances de chaque collaborateur, prévient le manager à l’avance et prépare la trame à partir de l’historique : derniers entretiens, objectifs, souhaits exprimés. Le compte rendu est rédigé en quelques minutes, puis conservé. Le jour de l’état des lieux, la trace est là.
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Questions fréquentes
L’entretien de parcours professionnel est-il obligatoire dans une entreprise de 20 salariés ?
Oui. L’obligation concerne toutes les entreprises. Seul l’abondement de 3 000 € est réservé aux entreprises de 50 salariés et plus.
Peut-on faire l’entretien de parcours en même temps que l’entretien annuel ?
Le même jour, oui, à condition de les distinguer : deux échanges, deux documents. L’entretien de parcours ne porte pas sur l’évaluation du travail.
Notre accord d’entreprise prévoit un entretien tous les 2 ans. Que faire ?
Un accord peut prévoir un rythme plus fréquent que la loi. Il reste applicable tant qu’il ne dépasse pas 4 ans entre deux entretiens.
Cet article présente les règles générales issues de la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 et de l’article L. 6315-1 du Code du travail. Votre convention collective ou un accord d’entreprise peut prévoir des règles plus favorables.